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Hansel & Gretel

C'est un lieu atypique que nous vous invitons à explorer avec nous... Tout droit sortie d'un livre de contes pour enfant, la maisonnette cachée dans un écrin de verdure, aujourd'hui enclavé entre deux industries, invite à retomber en enfance. Et c'est ce que nous avons fait, sans résistance.

Instantanément, une myriade de questions inondent nos esprits... Quel est cet endroit? Qui y a vécu? Pourquoi avoir recouvert les murs de la maison de scènes et de personnages hauts-en-couleurs? Et puis qui sont Alice, Nelly, Katia... tous ces noms inscrits parmi les fresques? Rassurez-vous, tout cela vous sera expliqué à la fin!

Dès la barrière de verdure franchie, nous basculons dans un autre monde à la fois magique, surprenant et cruel. Une hôtesse de plâtre appuyée contre un arbre nous accueille et nous invite à nous diriger vers la maisonnette.

Pour cette visite, la dernière de notre road-trip, notre duo est complété par P. notre amie et acolyte d'urbex. Nous sommes tous les trois émerveillés comme des enfants et découvrant les personnages fantastiques qui sont réunis sous le perron. Nous y reviendrons plus tard...

Scène de plage sur le mur où vient s'appuyer ce fauteuil usé. Derrière, le pardessus semble attendre une dernière virée au village par jour pluvieux qui n'arrivera plus. Cela fait près de 15 ans déjà que plus personne n'a habité ici.

Entièrement recouverte de fresques colorées, les murs de la cuisine sont aussi noircis de suie et de moisissure. À la télé, le ténor Pavarotti observe impuissant la décrépitude du lieu qu'il a connu jadis animé et vibrant de créativité.

À l'étage, autre ambiance, autre télé aussi où trône sans l'ombre d'une concurrente l'actrice Katia Ricciarelli. Les dessins sur les murs se veulent tantôt naïfs et enfantins, tantôt cruels (un accident de bus, un homme qui disparaît dans une bouche d’égouts,...), tantôt encore résolument futuriste avec un ovni venu aspirer le smog qui étouffe la planète. On le comprend à force d'observer les œuvres, ici tout est permis et l'imagination ne connaît pas de frontière.

Retour dans le jardin où les choses à voir ne manquent pas. Ici, le Chapelier fou côtoie Cendrillon. Certains personnages n'ont plus de bras, d'autres ont perdu la tête... l'usure venant peu à peu à bout de ce monde fantastique. À l'intérieur de la maison, on entend résonner des claquements féroces: une meute enragée de moustiques tigres nous a pris pour cibles, faisant de notre exploration un calvaire.

Le portrait de Christian Andersen figure un peu partout dans et autour de la maison, ici peint au milieu du hall, là représenté en plâtre à droit de la porte pour accueillir le visiteur. Nul doute que ses comptes ont largement inspirés les artistes qui vécurent jadis ici. LES? Eh oui!

Cette maison a vu grandir, puis vieillir un frère et une sœur: Nellino (Nelly) et Alice. En 1946, après la mort de leur père par électrocution, leur mère décide de priver la maison du confort moderne par peur de perdre un autre être cher. C'est ainsi que Nelly et Alice grandissent sans électricité ni eau courante.

Faute de distractions, ils développent tous deux leurs talents artistiques et leur imaginaire. À la mort de leur mère, ils continuent de vivre ensemble sans pour autant laisser entrer la modernité dans leur univers. Ils vivent alors des cultures de leur jardin et ne se mêlent que très peu aux gens du village.


Très vite, leur réputation de marginaux engendre rumeurs et légendes. On se sert d'eux et de leur maison en pain d'épice pour effrayer les enfants. Mais frère et sœur continuent de mener leur vie comme ils l'entendent. En 2007, Alice décède et Nelly quitte la maison. Il rejoindra sa sœur en 2013...


Cette maison est un lieu de fables. Tant pour ses fresques et ses figurines, ses balcons surmontés de personnages et de créatures, que pour l'histoire vraie de ses habitants. En jetant un dernier regard avant de partir, nos yeux s'attardent sur les dentelles de plâtre qui s'affaissent, sur les structures fébriles de ce paysage onirique et on ne peut s'empêcher de penser que, comme l'enfance, il ne durera pas éternellement... mais son souvenir, lui, ne quittera plus nos cœurs.


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