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Maison Kirsch

Mis à jour : 28 déc. 2020

C'est quelques jours après Noël que nous sommes partis à la découverte de cette maison qui figurait depuis longtemps sur notre carte. L'urbexeur ne connaissant pas la grasse matinée, nous sommes arrivés à l'aube et nous nous sommes infiltrés en toute discrétion, protégés par la pénombre ambiante.


Construite à la fin du XVIIIe, cette ferme était jadis connue pour sa distillerie artisanale de kirsch, une eau-de-vie à base de cerises. Il reste aujourd'hui de nombreux vestiges de cette activité dans la maison qui se mêlent aux bibelots, photos de famille et souvenirs colonisés par les toiles d'araignées et la moisissure...

Malgré la proximité des autres maisons et les passants que nous entendons, nous nous sentons très à l'aise dans cette maison. Les nombreux objets captifs des fils de soie y sont peut-être pour quelque chose, donnant au lieu une atmosphère paisible, comme si rien ne pouvait perturber l'équilibre créé par l'abandon. Une certaine mélancolie règne ici et nous a pris, nous aussi, dans sa toile...

Au-delà des plafond écaillés et des murs fissurés sur toute leur hauteur, la maison affiche encore ses moulures et ses boiseries, témoignant de son lustre d'antan. Bien sûr, nous ne sommes pas ici dans un château ou un manoir, mais malgré son origine plus modeste, le corps de logis de cette ferme présente un certain raffinement signe de la réussite sociale des propriétaires.

Le bureau ne manque pas d'éveiller notre imagination... Au pied de la balance en bois qui semble fatiguée, sont éparpillés une multitude de lettres, de factures, de journaux d'époque et de livres. Ici un annuaire téléphonique de 1982, qui nous donne une meilleure idée de la date potentielle de l'abandon, là un exemplaire de La Morale - Doctrine catholique. Une littérature d'un autre temps...

La mise en scène était ici trop tentante pour passer à côté. Ce vieil aspirateur abandonné au milieu d'un couloir crasseux donne l'impression que la maîtresse de maison a abandonné là ses tâches pour prendre la porte. Qui sait?!

Notre visite tombe ici en plein jour de lessive, mais cette fois, c'est par la fenêtre que la ménagère semble s'être volatilisée. Au-dessus de cette scène cocasse, le plafond s'écaille et s'effondre un peu plus chaque année et pour cause : c'est une véritable marre qui se forme à l'étage.

Nous voici arrivés dans la chambre principale. A l'inverse des pièces du bas qui portaient toutes des traces de dégradation et d'usure, ici tout semble intact, préservé par les années. Même le lit donne le sentiment d'avoir été fait le matin-même. Seul le plafond noirci fait peser une menace sur ce petit univers impeccable.

D'une pièce à l'autre, les mondes basculent. Ici le mur de la façade s'écroule en partie, laissant les éléments accélérer la dégradation du lieu. Là, c'est le toit qui n'a pas résisté et l'infiltration qui a déjà traversé un étage, menace de faire dégringoler les lits au rez-de-chaussée. Pour l'heure, nous avons encore la chance d'admirer ce chaos... Mais demain?

Une dernière pour se faire plaisir avant de quitter la sérénité triste de ce spot. Nous reprenons la route, tous les deux encore un peu englués dans la mélancolie de la Maison Kirsch, elle qui regorge de souvenirs nous en laissera à nous un très beau dans nos mémoires.


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