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Maison Mikado

Mis à jour : janv. 5

Commencer une exploration au beau milieu des vignes sous le regard curieux d'une biche ne peut être qu'un bon présage... Et en effet, cette maison que nous nous apprêtons à visiter nous réserve beaucoup de belles surprises.


La journée a commencé très tôt pour nous. Nous passons des vacances en famille et à l'aube, nous sommes partis pour un road trip d'une journée avec l'objectif de visiter un maximum de points sur notre carte. Nous arrivons vers midi à proximité de la maison, un peu excités car celle-ci n'est pas encore très connue dans le milieu de l'urbex. Nous avons donc hâte de la découvrir!

Accolée à un château médiéval, lui aussi à l'abandon, cette maison que l'on imagine aisément en dépendance, bien que plus récente, émerge d'une forêt de broussailles sèches. La porte est grande ouverte, comme si nous étions attendus. D'emblée, on remarque l'usure du lieu: des lambeaux de tapisseries pendent un peu partout, dissimulant parfois l'embrasure d'une porte, le plancher est percé de trous, le plafond auréolé d'une tache sombre. A droite en entrant, nous arrivons directement dans une chambre, certainement aménagée sur le tard pour rendre plus aisée la fin de vie du dernier habitant.

Juste derrière cette pièce, un minuscule bureau aux airs de capharnaüm abrite une multitude de livres, documents, revues et photos de famille. Au plafond, des chauve-souris récupèrent de leur nuit d'activité. Nous redoublons de vigilance pour ne pas les déranger.

Ce qui frappe également, c'est le grand nombre d'icônes, de statues de saints, de crucifix et de magazines religieux éparpillés dans toutes les pièces. Les objets d'une maison en disent toujours long sur leur propriétaire et dans notre cas, la moindre information est bonne à prendre.


De l'autre côté du couloir encombré, nous traversons une cuisine surmontée d'une large cheminée où les petits plats devaient autrefois mijoter des heures. Mais quelque chose a déjà attiré notre attention dans la pièce voisine: une seconde cuisine au plafond complètement effondré. Là, la cuisinière côtoie le frigo rouillé et le four à micro-ondes défoncé. Malgré l'effondrement du toit, la batterie de casseroles est, elle, restée parfaitement en place.

Nous gravissons à présent l'escalier et découvrons la première pièce de l'étage. Un spectacle de désolation s'offre à nous: au pied du grand lit en bois, le plafond s'est ici aussi effondré, constituant un monticule de lattes qui nous fait penser à un jeu de mikados. Imperturbable, le portrait d'un ancêtre sur la table de nuit semble un peu amusé par la situation.

Au bout du couloir, deux chambres en enfilade, mieux préservées, surprennent par le nombre de crucifix et par les poupées qu'elles abritent. Au dessus de la cheminée, la tapisserie dégringole, emportant dans sa chute le portrait d'un couple souriant qui n'aurait jamais cru finir ainsi.

Curieux mélange que ces portraits de Saintes et d’ancêtres de la famille qui côtoient des poupées tout droit sorties d'un film d'horreur. Heureusement, nous ne sommes ni craintifs ni superstitieux... Quoique!


Il reste deux chambres à l'étage. L'une d'elle est complètement plongée dans le noir et n'a rien d'intéressant. L'autre, baigne dans une jolie ambiance très douce. Seuls meubles de la pièce, ce minuscule lit/fauteuil, un vieux téléviseur, un pot de chambre bleu et une mallette débordant de correspondances.

Sans information sur l'histoire de la maison, même si nous connaissons l'identité de ses derniers occupants, nous ne pouvons nous empêcher de nous questionner. Au rez-de-chaussée, nous avons trouvé une lettre pleine d'amour, écrite par un neveu au couple qui habitait ici. Que s'est-il passé alors? Pourquoi avoir laissé la maison et tous les effets personnels qu'elle contient pourrir sur place? La réponse est souvent un problème d'héritage, cela ne nous surprend plus. Mais ici, notre cœur est un peu plus serré que d'ordinaire, peut-être parce que la maison dégage tant de chaleur et qu'elle semble encore vibrer des jours heureux qui l'ont animée.


En ressortant, nous faisons un crochet par le château et avons l'agréable surprise de découvrir cet ancêtre, laissé à la poussière au fond du garage. La lumière est mauvaise, mais la trouvaille trop belle pour ne pas s'y attarder.

Nous traversons la propriété en sens inverse, non sans remarquer toutes les carcasses de voitures que la broussaille dévore inexorablement. En surgissant des fourrés dans le champ de vignes, nous voyons au loin la biche de notre arrivée détaler à toute vitesse en quelques bonds gracieux. La boucle est bouclée...


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